Notre virevoltante ministre de la santé a eu le culot de déclarer:

“Ces franchises servent à financer le plan Alzheimer, la lutte contre le cancer et les soins palliatifs. Qui ne peut pas payer 4 euros par mois pour cela?”, interroge la ministre de la Santé.”

Et si on ramenait simplement cette somme de quatre euros au temps de travail nécessaire à la gagner?


On verrait alors toute l’injustice de cette mesure.

Pour un salaire de 1000€ mensuel et une semaine de 35heures on obtient:

4/1000 * 35*4 = 0,56, près d’une heure de travail donc

En demandant à *tous* 4 euros par moi cela revient à demander au smicard de donner une heure de travail mensuelle de plus pour la collectivité. Un cadre a 4000 euros acquittera sa dette en moins de 10 minutes. son patron a 10000 euros se contentera quant à lui de travailler 3′20 de plus. (et je ne parle pas des patrons du CAC 40 qui règleront le problème en quelques secondes devant la machine a café)

Bonjour l’équité!

En ramenant ces chiffres en année pleine ça donne:
Pour quelqu’un touchant le smic cette “taxe” grosso modo une journée de travail
Par contre, pour un cadre supérieur gagnant 4000 euros brut, c’est de l’ordre de deux heures de travail.

Et qui plus est, si on est en bonne santé c’est gratos.

Comment peut-on justifier d’exiger d’autant *moins* d’effort que l’on est plus riche et en bonne santé?

2 réponses à “Franchise médicale: mieux vaut être riche et en bonne santé”

Les ‘Riches se font un secteur de santé a eux; voilà ,c est tout ! .

La franchise médicale traduit une absence de politique de santé globale

Le gouvernement francais, jugeant les citoyens irresponsables, souhaite créer un système de franchise médicale qui pénalisera les malades.
Ce système pénalisera les patients, en particulier les moins aisés et compliquera l’accès aux soins.
Ce projet illustre surtout l’absence de stratégie du gouvernement pour une politique de santé globale.
Une bonne politique de santé doit avoir une approche globale, qui se situe bien au-delà de l’absence de maladie. Si le soin est une donnée majeure, réduire les inégalités de santé et permettre l’amélioration de la santé de chacun c’est aussi s’attaquer aux facteurs déterminants de la santé. Cela implique de travailler sur les conditions de vie et de travail, sur le contexte environnemental et sur l’éducation à la santé. Il faut passer d’une logique de soin à une politique de santé globale qui s’appuie sur une véritable démarche de promotion de la santé.
S’il est normal de s’interroger sur le niveau des dépenses de soins et sur leur financement, ces questions découlent des décisions politiques d’organisation des systèmes de santé.
Aujourd’hui seuls 3 % de la dépense publique de santé sont consacrés à la prévention, 97 % au soin. Il faut mieux équilibrer ces chiffres pour agir à la source sur les causes des maladies.
80 % des cancers, 40 % des maladies cardiovasculaires, 80 % des diabètes pourraient être évités. C’est ce qu’on appelle communément les maladies de civilisation, liées à des pratiques (alimentation, tabac), des conditions de travail (amiante, pesticides…) ou des facteurs environnementaux (pollution urbaine, ventes de produits nocifs…)
Pour faire reculer ces maladies et résoudre leurs énormes conséquences budgétaires, il faut inverser la logique. Pour cela, il faut faire participer les médecins à la nécessaire promotion de la santé, en acceptant que certaines missions d’intérêt public leur soient rémunérées.
Il faut renforcer les rôles des médecins et inspecteurs du travail (et leur nombre), pour qu’ils puissent mieux agir sur les maladies professionnelles. Il faut aussi que les autorisations de mises sur le marché de nombreux produits soient réétudiés par des agences indépendantes, afin de lutter contre ce que les associations de consommateurs appellent la pollution domestique.
Une bonne politique de santé serait d’intégrer cette dimension dans les politiques agricoles, industrielles, urbanistiques, sociales ou éducatives ; ce serait ensuite d’organiser avec plus d’efficacité et de proximité l’organisation des soins et du secours à la personne par une meilleure coordination des pompiers et du Samu notamment ; c’est enfin ce cadre pensé et discuté que se pose la question du financement du système de santé.
L’équipe du président Sarkozy prétend responsabiliser le patient, là où en réalité c’est le système de santé qui est géré dans la fuite en avant de la réponse curative.
Yann SYZ
Maire adjoint de Lorient
Délégué à la santé
Groupe Union Démocratique Bretonne

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